ÉCRIRE LE TERRITOIRE – LECTURE DÉBAT

le 23 octobre 2010 à partir de 14h
au Théâtre du Val d’Osne de Saint-Maurice
Entrée libre (merci de confirmer votre présence au 01 48 84 40 53). L’après-midi se clôture par un moment de convivialité.
En partenariat avec la SACD et en compagnie des colporteurs.

Lectures d’extraits par les auteurs eux-mêmes et débat autour des expériences d’écriture sur un territoire donné. Les thématiques, les sujets traités s’inspirent de « cette étrange mémoire » de la vie que les gens de nos villes portent avec eux, mémoire nostalgique, souvent douloureuse, mais toujours significative de ce que traverse la société d’aujourd’hui.

En présence et autour des œuvres de
Gustave Akakpo
Carole Thibaut
Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre

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Gustave Akakpo, auteur, illustrateur, conteur et comédien, reçoit en 1999 le premier prix junior Plumes Togolaises au Festival de Théâtre de la Fraternité, organisé à Lomé, au Togo. Il est lauréat 2004 du prix SACD « Dramaturgie francophone » pour sa pièce La Mère trop tôt et lauréat du « Prix d’écriture théâtrale de Guérande » pour sa pièce A Petites Pierres. Ses pièces sont éditées chez Lansman. Il écrit aussi des livres jeunesse édités chez Harmattan et chez Grasset. Son roman pour enfant, Le petit monde merveilleux, a reçu le prix « Sorcières » en 2008.

Carole Thibaut, auteure, metteur en scène et comédienne a reçu le prix SACD « Nouveau Talent Théâtre 2009 » et le prix « Durance-Beaumarchais SACD 2010 ». Actuellement, elle travaille à la création des Petites Empêchées – Histoires de princesses, autour des personnages féminins dans la littérature enfantine traditionnelle. Avec la Compagnie Sambre, elle est écrivain associé à l’Etoile du Nord, Paris, pour la saison en cours. Ses textes sont publiés chez Lansman Éditeur.

Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre, auteur, comédien et metteur en scène, est lauréat du programme « Villa Médicis-Hors les murs 2008 » qu’il effectue au Caire pour poursuivre l’écriture d’un texte sur Oum Kalsoum. Son dernier spectacle Roland, trilogie est représenté aux CDN de Limoge et de Montreuil. Avec le Théâtre Irruptionnel, il est artiste en résidence au Forum du Blanc Mesnil jusqu’en 2013. Ses textes sont publiés chez Les Solitaires Intempestifs.

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Se rendre au Théâtre du Val d’Osne

En transport en commun : Métro 8 – Charenton-Ecoles + bus 111 direction Champigny/Saint-Maur – arrêt Mairie-de-Saint-Maurice (10 minutes en bus). Le théâtre se trouve à quelques mètres de la station de bus.
En voiture (7km de Paris centre) :  A4 direction Metz/Marne-la-Vallée / Créteil ; prendre la sortie 3  Saint-Maurice ; prendre la N6 Charenton/Saint-Maurice ; continuer sur la N6 Pont de Charenton ; prendre la D123 quai de la République ; continuer sur la D123 rue du Maréchal Leclerc.

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Dans le cadre des Théâtrales Charles Dullin 2010, vous pouvez retrouver Carole Thibaut et Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre avec Traveling 94, résidence d’auteurs « Les écrivains publics » :

Jean le fort / Métropolis
7 novembre 17h à la grange Dîmière, Fresnes
15 novembre 20h30 au Théâtre du val d’Osne, Saint Maurice
29 novembre 20h30 à Anis Gras, Arcueil

Fantaisies
de et avec Carole Thibaut
14 novembre à 11h30 à l’Espace Gérard Philipe, Fontenay-sous-Bois


MOTOBÉCANE

le 5 novembre 2010 à 20h30
au Théâtre-Cinéma Paul Éluard de Choisy-le-Roi

Découvrez « Motobécane », de et avec Bernard Crombey sur Culturebox !
Victor, un homme jeune qu’ « on a mis à la ferme », « un cul-terreux qu’a poussé dans la betterave », vit avec son chien, sa mère alcoolique et son pochard de beau-père. Surnommé « Motobécane », Victor sillonne les routes de Picardie sur sa mobylette bleue à la recherche des étiquettes que l’on trouve sur les bouteilles de vins millésimés. Un jour, au cours d’une de ces ballades, il tombe sur une « pétiote ». Elle s’appelle Amandine, elle a dix ans. Sa mère la bat tous les soirs et la fillette ne veut plus rentrer chez elle. Victor, attendri, la recueille dans son grenier. Cela va bouleverser sa vie. Accusé de l’avoir séquestrée à des fins sexuelles, il est jeté en prison où il entreprend de rédiger sa défense dans son « cahier de vérité ». Le comédien, Bernard Crombey, imprégné de ses origines nordistes, adapte, dans un patois nord-picard, le roman Le Ravisseur de Paul Savatier, inspiré d’un fait divers qui a fait couler beaucoup d’encre en 1975. Cette langue étrange et rugueuse, belle et sauvage, ajoute à la vérité, à la poésie et à la générosité de cette tragédie humaine qui parle des petites gens, des petites vies, des petites violences à la campagne. D’une histoire d’amour aussi, pure et naïve, qui dénonce en creux la perversité d’une société dominée par des médias en mal de sensation et une méfiance systématique de ceux qu’elle a mis en marge et qui n’ont d’armes pour se défendre que l’accusation de leur faiblesse.

texte et interprétation Bernard Crombey d’après Le Ravisseur de Paul Savatier (éditions Gallimard) / mise en scène Catherine Maignan et Bernard Crombey / avec la complicité de Maurice Bénichou / scénographie et lumières Yves Collet / un spectacle présenté par Acte 2 / Acte 2 est un département d’Atelier Théâtre Actuel / crédits photos Jean-Marie Legros

Se rendre au Théâtre-Cinéma Paul Éluard : 4 avenue de Villeneuve Saint Georges – 94 600 Choisy-le-Roi. RER C Choisy-le-Roi / bus 182 ou 183. Réservations au 01 48 90 89 79.

LE PETIT CHAPERON ROUGE

le 5 novembre 2010 à 10h et 14h (scolaires)
le 6 novembre 2010 à 15h
représentation supplémentaire le 4 novembre 2010 à 14h (scolaire)
au Théâtre Romain Rolland de Villejuif

« Ma mère et moi, on s’entend bien mais des fois c’est vrai j’ai un petit peu de mal à la supporter, elle s’inquiète de tout, alors elle en devient vraiment pénible, elle me prend pour une enfant. » Ainsi Pommerat fait-il se définir son Petit Chaperon Rouge. Les quatre protagonistes qui servent sa réappropriation du conte de Per- rault sont une petite fille, sa mère, la mère de sa mère et un loup. Autrement dit: trois générations de femmes au sein d’une même famille, – le même sang, la même chair -, marquées par une absence, celle des hommes. La grand-mère vit seule, la maman, « wonderwoman » toujours pressée, ignore, du haut de ses talons sonores, la présence de la fille. Séparées par la distance, happées par le temps, elles ne par- viennent plus ni à se voir, ni à se parler. Dans ce désert affectif où enfance unique, célibat et veuvage dessinent sur le plateau dépouillé trois façons d’être seul au monde, le loup surgit et agit comme un électrochoc bénéfique. Il est au centre d’une histoire qui le dépasse, celle de ces trois femmes, unies par un sentiment très fort, qui sont amenées à prendre chacune la place de l’autre, dans un mélange de désir et de peur. Dans un espace épuré tendu de noir, Pommerat leste la parole par le vide, par ce qui résiste à la connaissance, par ce qui échappe à la lumière. Le théâtre devient ici une envoûtante chorégraphie de corps marionnettiques et de mots pulsés, où le tragique est essentiellement intérieur. Avec son sens presque forain d’un fantastique traversé à la fois de menaces et de promesses, Le Petit Cha- peron Rouge exhume la part troublée de notre enfance, et la force qu’elle contient pour dominer ses ténèbres.

texte et mise en scène Joël Pommerat d’après le conte populaire de Charles Perrault / avec Ludovic Molière, Isabelle Rivoal, en alternance Murielle Martinelli ou Valérie Vinci / assistant à la mise en scène Philippe Carbonneaux / scénographie et costumes Marguerite Bordat / scénographie et lumières Eric Soyer / suivi de la réalisation scénographique Thomas Ramon / aide à la documentation Evelyne Pommerat / recherche son Grégoire Leymarie et François Leymarie / direction technique Emmanuel Abate /
production Compagnie Louis Brouillard
coproductions CDR de Tours / Théâtre Brétigny, Scène Conventionnée du Val d’Orge
avec le soutien de la Région Haute Normandie
la Compagnie Louis Brouillard est conventionnée et reçoit le soutien du Ministère de la Culture et de la Communication, DRAC Île-de-France / de la Ville de Paris / de la Région Île-de-France
Joël Pommerat est artiste associé à l’Odéon, Théâtre de l’Europe aux Ateliers Berthier pour trois saisons (2010-2013) / et au Théâtre National de la Communauté Française de Belgique
le Petit Chaperon Rouge est publié aux éditions Actes Sud-Papiers, Collection Heyoka
crédits photos Hervé Bellamy

Se rendre au Théâtre Romain Rolland  : 18 rue Eugène Varlin - 94 800 Villejuif. métro 7 Villejuif – Paul Vaillant-Couturier / bus 162 ou 185.  Réservations au 01 49 58 17 00.

L’ŒUF ET LA POULE

le 5 novembre 2010 à 14h30 (scolaire)
le
6 novembre 2010 à 18h
représentations supplémentaires le 4 novembre 2010 à 10h et 14h30 (scolaire)
au
Théâtre André Malraux de Chevilly-Larue

Antonin attend avec curiosité la naissance de son petit frère et il s’interroge profondément sur « qu’est-ce qu’un bébé et comment on le fait ? » Qu’imagine Antonin lorsqu’on lui raconte que le bébé est tout fin et qu’il va sortir du ventre de sa mère comme un haricot vert ? Comment interprète-t-il ce qui, pour les adultes, semble naturel et logique, mais qui le fait, lui, basculer dans un monde fantastique ? Quels sont ses rêves et ses cauchemars à l’annonce d’une nouvelle qui chamboule l’ordonnancement de la famille ? Quels nouveaux sentiments le traversent ? Si le père désemparé s’évertue à trouver les mots justes en usant de métaphores, Antonin prend tout au pied de la lettre. Le papa est conduit, bien malgré lui, à accumuler des thèses de plus en plus farfelues… Mais peu à peu, le puzzle rassemble une à une toutes ses pièces et finit par cerner avec précision cette éternelle question à laquelle tout géniteur appréhende de répondre. Pour accompagner la complexité du cheminement du garçon, la mise en scène fait appel aux images du film d’animation. Diffusées en plusieurs endroits du plateau, ces projections cousent en parallèle la trame du récit et apportent des solutions parfois simples, parfois insolites, aux silences, aux explications impossibles, car taboues, des parents. Tout en explorant cette difficulté, le texte touchant de Catherine Verlaguet plonge, avec une pudeur non dénuée d’humour et d’émotion, dans l’univers mental, façonné de déductions naïves et de bons sens, de désirs et de peurs, propres à un petit enfant en proie au mystère de la vie.

texte Catherine Verlaguet / mise en scène Bénédicte Guichardon / avec Caroline Darchen, Dominique Langlais, Julie André / scénographie Céline Perrigon / costumes Fabienne Desflêches / film d’animation Flavie Darchen / création lumière François Poppe / création sonore Renaud Armanet / dessins Raphaël Buzaud

production Compagnie Le bel après minuit
coproduction Théâtre Romain Rolland, Villejuif / Théâtre Paul Eluard, Choisy-le-Roi / Théâtre André Malraux, Chevilly-Larue / Espace Culturel André Malraux, Le Kremlin-Bicêtre / Théâtre de Cachan / Espace 1989, Saint Ouen
avec le soutien du Théâtre Paul Eluard, Bezons / du Théâtre Rive Gauche, Saint-Etienne-du-Rouvray / de la Fondation la Ferthé / et du ConseilGénéral du Val-de-Marne
avec la participation artistique du Jeune Théâtre National / et des Théâtrales Charles Dullin
visuel Antonin

Se rendre au Théâtre André Malraux : 102 avenue du Général de Gaulle – 94 550 Chevilly-Larue. RER B Bourg-la-Reine + TVM / métro 7 porte d’Italie + bus 131. Réservations au 01 41 80 69 69.

PINOCCHIO

le 10 novembre 2010 à 19h
le 11 novembre 2010 à 16h
au Théâtre Jean Vilar de Vitry-sur-Seine

Interprété par une femme, le Pinocchio de Joël Pommerat est sans âge et sans sexe. C’est une boule de désirs insaisissable et inquiétante. Etrangement vêtu d’un long manteau, de chaussures trop grandes et d’un bonnet de pilote à la Saint-Exupéry, c’est en effet un Petit Prince sans foi ni loi, qui à tout moment peut virer au pire. Ici, point de chat, de renard, de castelet de marionnettes, mais des criminels en col blanc et un cabaret très attirant peuplé de danseuses aguichantes. Ici, pas de récit catéchiste, mais des visions, souvent dures, violentes : des élèves tristes dans une salle de « classe morte » évoquant Kantor, une star inaccessible dans un cabaret aux lumières kitsch. Ici, chaque épisode dresse tour à tour le sombre tableau de la solitude, la pauvreté, la banalisation du langage violent, la toute-puissance de l’image, la crédulité abusée des enfants, la course à l’argent, l’oisiveté facile, et des loisirs abrutissants. Un monde pour ne pas penser et réfléchir, rejeter ses racines familiales, paraître en société, un monde matérialiste où l’intérêt des uns se nourrit de la vulnérabilité des autres, un monde dominé par une justice punitive à l’excès… et le mensonge. Car, face à une vérité sans cesse entravée, difficile à atteindre, Pommerat comprend l’errance de son personnage. Mentir est une façon de se déraciner, d’échapper à son appartenance. L’auteur délie alors le pantin de la morale. Il fait cheminer mensonge et richesse sur une route commune. Pour lui, ces deux aliénations recouvrent une ambition identique : celle d’être plus et autre que soi-même. Aspiration qui, chez les enfants, oscillant entre être et avoir, s’appelle « grandir ».

texte et mise en scène Joël Pommerat d’après Carlo Colllodi / avec Pierre-Yves Chapalain en alternance avec Hervé Blanc, Jean-Pierre Costanziello, Daniel Dubois, Anne Rotger, Maya Vignando / collaboration artistique Philippe Carbonneaux / scénographie Eric Soyer / lumières Eric Soyer assisté de Renaud Fouquet / mannequins Fabienne Killy assistée de Laurence Fourmond / costumière Marie-Hélène Bouvet assistée de Elisabeth Cerqueira / réalisation du costume de la fée Jean-Michel Angays / musique Antonin Leymarie, Brice Pichard, Adrien Amey, Gabriel Levasseur, Fidel Fourneyron, Scaba Palotai, Rémi Sciuto, Mathieu Ha, Antonin Leymarie / création son François Leymarie, Grégoire Leymarie, Yann Priest / direction technique Emmanuel Abate
production Compagnie Louis Brouillard
coproduction Espace Malraux, Scène Nationale de Chambéry et de la Savoie / CDR de Tours / Théâtre de Villefranche, Scène Conventionnée du Rhône-Alpes / Ferme de Bel Ebat, Guyancourt / Théâtre Brétigny, Scène Conventionnée du Val d’Orge / Le Gallia Théâtre, Scène Conventionnée de Saintes / Théâtre National de Bordeaux Aquitaine / Les Salins, Scène Nationale de Martigues / Théâtre du Gymnase, Marseille / CNCDC, Châteauvallon / Maison de la Culture MC2 de Grenoble / Scène Nationale de Cavaillon / Automne en Normandie / Comédie de Caen, CDN de Normandie
Pinocchio a été répété au CNCDC de Châteauvallon / et au Théâtre Brétigny
la Compagnie Louis Brouillard est conventionnée et reçoit le soutien du Ministère de la Culture et de la Communication, DRAC Île-de-France / de la Ville de Paris / de la Région Île-de-France
Joël Pommerat est artiste associé à l’Odéon, Théâtre de l’Europe aux Ateliers Berthier pour trois saisons (2010-2013) / et au Théâtre National de la Communauté Française de Belgique
Pinocchio est publié aux éditions Actes Sud-Papiers, Collection Heyoka
crédits photos Elisabeth Carecchio

Se rendre au Théâtre Jean Vilar : 1 place Jean Vilar – 94 400 Vitry-sur-Seine. RER C Vitry-sur-Seine + bus 180 / métro 7 Porte de Choisy + bus 183 / métro 8 Liberté + bus 180. Réservations au 01 55 53 10 60.

FANTAISIES, L’IDÉAL FEMININ N’EST PLUS CE QU’IL ÉTAIT

le 14 novembre 2010 à 11h30 dans le cadre des Voix Singulières
à l’Espace Gérard Philipe de Fontenay-sous-Bois

« Si je me laisse gagner par quelques colères féministes, qu’on ne m’en tienne pas rigueur : qu’on n’oublie pas qu’avant d’être aujourd’hui une moitié de l’humanité, je fus, pendant des millénaires, à peine une moitié d’humain. » Dans ce spectacle « performance », Carole Thibaut interroge et dégomme les représentations sacro-saintes du féminin : l’intouchable instinct maternel, le phallocentrisme freudien, les canons esthétiques, les oppressions religieuses, les belles traditions culturelles, les codes du savoir-vivre, les sociétés priapiques, et, au passage, les pétasses. Elle dresse le parcours de la combattante contrainte, sous le diktat de la séduction, à dessiner, colorer, épiler et parfaire le masque de la femme fatale. Au fil d’instantanés impudiques et cruels, Carole Thibaut s’attaque à ce qui sonne faux, se disloque, éclate, hurle entre la femme et les injonctions, même tacites, qui s’abattent sur elle. Jouant des miroirs qui dessinent le décor dans lequel elle évolue et des lumières qui cartographient ses déplacements, l’auteure et comédienne ose un parcours de l’intime qui sait se garder du voyeurisme, tout en ne dissimulant rien de ce qui taraude, blesse, inféode et humilie.

texte, mise en scène et interprétation Carole Thibaut / chorégraphie Philippe Ménard / collaboration technique et artistique Didier Brun, Pascal Bricard, Magalie Pichard, Pierre Lenczner / assistante Fanny Zeller
production Compagnie Sambre
la compagnie Sambre est soutenue par le Ministère de la Culture et de la Communication, DRAC Île-de-France / le Conseil Régional d’Île-de-France / et le Conseil Général du Val d’Oise
Fantaisies est publié aux éditions Lansman
crédits photos Chloé Renault

Se rendre à l’Espace Gérard Philipe : 26 rue Gérard Philipe – 94 120 Fontenay-sous-Bois. RER A ou RER E Val de Fontenay + bus 118. Réservations au 01 71 33 53 35.

PRODUCT

le 14 novembre 2010 à 15h dans le cadre des voix singulières
à l’Espace Gérard Philipe de Fontenay-sous-Bois

ou

le 7 décembre 2010 à 20h30
au Centre Culturel Aragon-Triolet d’Orly


La comédie grinçante d’un enfant terrible du théâtre anglais, sublimée par un remarquable travail d’acteurs. L’argument ? Un producteur cherche à convaincre une actrice de jouer le premier rôle dans le film qu’il va produire. Le scénario de ce film ? Une histoire d’amour à dormir debout sur fond de terrorisme avec tous les ingrédients nécessaires à la série B hollywoodienne : gentils américains, méchants orientaux, aventure érotique, et crises de conscience. Tout commence avec un couteau, celui qu’Amy découvre sur les genoux du « grand type basané » à côté duquel elle est as- sise dans l’avion. Elle ne dénonce pas celui dont elle sait d’emblée qu’il est un fanatique, l’installe dans son loft londonien branché, y accueille « Oussama » et tous ses petits camarades venus fomenter un attentat kamikaze à Eurodisney… Histoire rocambolesque, ridiculement niaise, insupportablement caricaturale et truffée des poncifs les plus éculés que le messianisme américain a élevé au rang de totems pour son combat contre les forces du mal. Cette charge féroce et drôle, portée par une langue directe et incisive, dénonce l’industrie du spectacle loisir, les aprioris occidentaux sur le monde arabo-musulman, et la vision machiste que véhicule un cinéma commercial. Ce théâtre coup de poing, à l’humour ravageur et caustique, nous venge des âneries racoleuses du petit et grand écran.

texte  Mark Ravenhill / traduction Séverine Magois / mise en scène Sylvain Creuzevault en collaboration avec Lionel Gonzalez /avec Christian Benedetti, Alexandra Flandrin / lumières Dominique Fortin
coproduction Théâtre-Studio, Alfortville / Théâtre du Beauvaisis
le Théâtre-Studio, Compagnie Christian Benedetti est subventionné par le Ministère de la Culture et de la Communication, DRAC Île-de-France / le Conseil Régional d’Île-de-France / le Conseil Général du Val-de-Marne / et la Ville d’Alfortville / et est soutenu par l’Agglomération de la Plaine Centrale du Val-de-Marne
l’auteur est représenté dans les pays de langue française par l’agence Marie Cécile Renault, Paris / en  accord avec Casarotto Ramsay, ltd
crédits photos Maud Trictin

Se rendre à l’Espace Gérard Philipe : 26 rue Gérard Philipe – 94 120 Fontenay-sous-Bois. RER A ou RER E Val de Fontenay + bus 118. Réservations au 01 71 33 53 35.

Se rendre au Centre Culturel Aragon-Triolet : 1 place du Fer à Cheval – 94 310 Orly. RER C Orly-Ville / bus 183. Réservations au 01 48 52 40 85.

LES VIPÈRES SE PARFUMENT AU JASMIN

le 14 novembre 2010 à 17h dans le cadre des Voix Singulières
représentations supplémentaires les 12 et 13 novembre 2010 à 20h30
à l’Espace Gérard Philipe de Fontenay-sous-Bois


Le père de Shéhérazade, ouvrier exemplaire, vient de monter au ciel et, dans l’attente du jugement dernier, il observe sa fille se démener avec la vie. L’inquiétude est de mise s’il fait l’inventaire des personnages plus ou moins sincères qui entourent cette dernière : une mère dominatrice, un prétendant obstiné, une meilleure amie complexée, un prof de chant illuminé, un producteur mégalo… Au cœur d’une intraitable machine à broyer, Shéhérazade va tenter de conci- lier le deuil de son père, la pression maternelle, le sauvetage financier de la famille et sa propre destinée. « Interpréter tous ces personnages, seul, et en particulier celui de Shéhérazade, c’est comme ouvrir une porte qui me serait normalement interdite pour écouter une conversation que je ne devrais pas entendre. En réalité, j’ai toujours été fasciné du rapport entre ma mère et mes sœurs. » Nasser Djemaï porte le one-man show vers la finesse et la profondeur en enchaînant effets comiques, tragédie mystique et moments d’émotion. Ses talents de conteur injectent dans l’intrigue une portée métaphysique où s’entrecroisent le rapport à la religion et à la mort, les références mythologiques, la place de la femme dans la famille et la société, la subjectivité de l’ambition. Mais il pose avant tout la question de l’épanouissement individuel face aux attentes familiales et fustige la servitude que peut engendrer le désir de l’autre.

texte et interprétation Nasser Djemaï / dramaturgie et mise en scène Natacha Diet / création lumière et  accessoires David Gallaire / création musicale Alexandre Meyer / création costumes Magali Castellan
production Repères
coproduction Théâtre 71, Scène Nationale de Malakoff / Le Bateau Feu, Scène Nationale de Dunkerque / avec l’aide à la production dramatique du Ministère de la Culture et de la Communication, DRAC Île-de-France / et l’aide  à l’écriture du Centre National du Livre / avec le soutien de la compagnie La Valise
les Vipères se parfument au jasmin est publié aux éditions Actes Sud-Papiers
crédits photos Sébastien Calvet

Se rendre à l’Espace Gérard Philipe : 26 rue Gérard Philipe – 94 120 Fontenay-sous-Bois. RER A ou RER E Val de Fontenay + bus 118. Réservations au 01 71 33 53 35.

AU MILIEU DU DÉSORDRE

le 14 novembre 2010 à 20h30 dans le cadre des Voix Singulières
à l’Espace Gérard Philipe de Fontenay-sous-Bois


Au cœur d’un gradin disposé en U, un homme fait circuler des cailloux de mains en mains pour, sur une table de cam-  ping, les agencer en un édifice étrange et fragile : un tas, qui engage une nouvelle fois Pierre Meunier, puisqu’il s’agit de  lui, à poursuivre son observation de la matière et à ne pas déroger aux interrogations qu’elle suscite. Citant le Facteur Cheval, qui, enfant, demandait à sa mère si les pierres « ne deviennent pas précieuses dès lors qu’on les regarde », ce maître conférencier renoue avec l’extravagance et la dérision des dadaïstes en explorant le secrets de l’EGM (Empilement des Matières Granulaires). S’enchaînent alors plusieurs propositions physiques et métaphysiques sur la chute, l’effondrement, le mouvement qui tend à échapper à l’apesanteur et le mystère que suscitent ces corps inertes atteints soudainement par la grâce de la pulsation. Mais c’est le temps que tente surtout de saisir ce chercheur des solutions imaginaires, ce temps intime qui revendique le droit à la rêverie dans une société pressurisée, et qui réveille la soif d’un rapport singulier et poétique avec le monde.

avec Pierre Meunier
production La Belle Meunière / ARCADI
Au milieu du désordre est publié aux éditions Les Solitaires Intempestifs
crédits photos Alain Julien

Se rendre à l’Espace Gérard Philipe : 26 rue Gérard Philipe – 94 120 Fontenay-sous-Bois. RER A ou RER E Val de Fontenay + bus 118. Réservations au 01 71 33 53 35.

ÉCRIRE LE TERRITOIRE JOURNÉE LECTURE DÉBAT / EN PARTENARIAT AVEC LA SACD

le 23 octobre 2010 de 14h à 18h
au Théâtre du Val d’Osne de Saint-Maurice

Les Théâtrales Charles Dullin ont permis à ce que deux projets enracinés dans les territoires val-de-marnais puissent se construire en favorisant la rencontre entre une population et deux auteurs. Les thématiques, les sujets traités s’inspirent de « cette étrange mémoire » de la vie que les gens de nos villes portent avec eux, mémoire nostalgique, souvent douloureuse, mais toujours significative de ce que traverse la société d’aujourd’hui.

Autour des oeuvres respectives de Carole Thibaut et Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre avec la participation d’auteurs ayant eu une expérience d’écriture sur un territoire donné : lectures d’extraits et débat autour de ces expériences. L’après-midi se clôture par un moment de convivialité.

Se rendre au Théâtre du Val d’Osne : 49 rue du Maréchal Leclerc – 94 410 Saint-Maurice. métro 8 Charenton-Ecoles + bus 111. Renseignements auprès des Théâtrales Charles Dulin au 01 48 84 40 53. Entrée Libre.

TRAVELING 94 : JEAN LE FORT / MÉTROPOLIS – PRODUCTION THÉÂTRALES CHARLES DULLIN

le 7 novembre 2010 à 17h
à la Grange Dîmière de Fresnes

le 15 novembre 2010 à 20h30
au Théâtre du Val d’Osne de Saint-Maurice

le 29 novembre 2010 à 20h30
à Anis Gras d’Arcueil


Jean le Fort et Métropolis sont deux pièces courtes écrites et mises en espace respectivement par Carole Thibaut et Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre, à la suite de deux résidences d’auteurs dans le département du Val-de-Marne. La première s’est déroulée aux Halles de Rungis, la seconde dans un night-club surplombant l’autoroute A 106. Deux sociétés, celles du travail et du loisir, deux univers nocturnes, deux mondes parallèles désenchantés, deux générations face à face…

JEAN LE FORT  de Carole Thibaut
Jean c’est un ancien fort des halles comme on disait alors. Ça lui est resté ce nom. « Il prenait un quartier de boeuf. Allez hop. Entier. Sur l’épaule. On n’en voit plus des comme ça maintenant. Maintenant à la viande c’est comme partout. C’est tout coupé ». Reconverti dans les fruits et légumes, il a suivi le marché des halles de Paris aux entrepôts de Rungis. Quarante-neuf ans de marché. Et puis voilà que tout a basculé. Peut-être à cause d’une nénette comme il dit. Marie, une des anciennes copines des halles qu’aurait mal tourné. Peut-être à cause de sa femme, Marguerite, qui en aurait eu marre de l’attendre depuis quarante-neuf ans au fond de leur lit. Peut-être à cause des contrôles, des règlements, de la traçabilité, de toutes ces choses d’aujourd’hui qui ont fini par l’étouffer peu à peu, Jean, et le marché avec. Ce qui est sûr c’est que Jean a basculé, un matin. Et toute sa vie avec. Et que ce ne fut pas beau à voir. Carole Thibaut

texte et mise en scène Carole Thibaut / avec Simon Bakhouche, Maryline Even, Claire Mirande

MÉTROPOLIS de Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre
Métropolis, c’est l’histoire d’une nuit. Une nuit où une jeune femme et un jeune homme ont décidé chacun de leur côté et pour des raisons différentes d’aller danser au Métropolis. De la piste de danse aux toilettes de l’étage zouk, du parking jusqu’au quai du RER à l’aube, de la zone fumeur au carré VIP, ils vont se croiser, se connaître, se reconnaître, se rater, se trahir et peut-être même s’aimer. Histoire éternelle d’un amour contrarié mais qui devient singulier à l’ère du numérique et du virtuel, de l’identité nationale et d’une société de plus en plus coercitive… Road movie théâtral où les figures mythiques du videur-physionomiste, de la dame pipi érotomane ou du copain-qui-n’arrivera-jamais retarderont le moment où les amoureux se regarderont enfin au fond des yeux alors que le soleil se lève sur la zone commerciale. « Vous savez, je les plains, les jeunes qui viennent danser ici… Fumer tue ! Baiser tue ! Boire tue ! Alors qu’est-ce qu’il leur reste ? Hein ? – Leur foutu téléphone portable… mais regardez-les ! Ils ont tous la tête baissée, ils sont en train d’oublier de vivre ! » – Maria, cinquante-deux ans, interviewée vers cinq heures du matin sur le parking du Métropolis. Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre

texte et mise en scène Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre / avec Yohan Manca, Vincent Debost et Raphaëlle Misrahi

production des Théâtrales Charles Dullin édition 2010, résidence d’auteurs « Les Écrivains Publics »
les Théâtrales Charles Dullin sont subventionnées par le Conseil Général du Val-de-Marne / et le Conseil Régional d’Île-de-France / et reçoivent le soutien du Ministère de la Culture et de la Communication, DRAC Île-de-France / et de la SACD

Se rendre à la Grange Dîmière : Ferme de Cottinville, 41 rue Maurice Ténine – 94 260 Fresnes. RER B Antony + bus 286 ou 396 / métro 4 Porte d’Orléans + bus 187. Réservations au 01 49 84 56 91.

Se rendre au Théâtre du Val d’Osne : 49 rue du Maréchal Leclerc – 94 410 Saint-Maurice. métro 8 Charenton-Ecoles + bus 111. Réservations au 01 46 76 67 00.

Se rendre à Anis Gras : 55 avenue Laplace – 94 110 Arcueil. RER B Laplace / bus 187, 188, 197, 323, 57 ou 580. Réservations au 01 49 12 03 29.

MASTER CLASS AVEC ARIANE MNOUCHKINE

le 20 novembre 2010 de 10h à 18h
au Théâtre du Soleil de la Cartoucherie de Vincennes

COMPLET


Conscients de la place prépondérante qu’elle occupe dans le paysage de la création théâtrale, et obéissant à la ferveur portée à l’ensemble de son oeuvre, les Théâtrales Charles Dullin ont proposé à Ariane Mnouchkine d’être la directrice pédagogique de leur master class. Cet événement est emblématique de l’attention particulière que les Théâtrales accordent à la pédagogie des publics et s’inscrit comme un moment fort des initiatives que la biennale organise en parallèle avec sa programmation officielle. Ouverte toute la journée à un public discret, cette master class est destinée à trente participants amateurs issus des ateliers de pratique théâtrale attachés aux grandes scènes du Val-de-Marne en région parisienne.

Ariane Mnouchkine naît le 3 mars 1939 à Boulogne-sur-Seine, elle est metteur en scène et directrice de la troupe du Théâtre du Soleil, qu’elle fonde en 1964 avec ses compagnons de l’ATEP (Association Théâtrale des Etudiants de Paris).
En 1970, le Théâtre du Soleil crée 1789 au Piccolo Teatro de Milan, où Georgio Strehler accueille et soutient avec confiance la jeune troupe, qui s’installe ensuite à la Cartoucherie. Le Théâtre du Soleil conçoit d’emblée la Cartoucherie comme un lieu qui lui permet de sortir du théâtre comme institution architecturale, à une époque où les transformations urbaines en France bouleversent profondément la place de l’humain dans la ville et la position du théâtre dans la Cité. Le Théâtre du Soleil trouve, dans la Cartoucherie, l’outil concret de création du théâtre à la fois élitiste et populaire dont rêvaient Antoine Vitez et Jean Vilar. Le but étant, dès cette époque qui précède 1968, d’établir de nouveaux rapports avec le public et de se distinguer du théâtre bourgeois pour faire un théâtre populaire de qualité. La troupe devient ainsi, dès les années 1970, une des troupes majeures en France, tant par le nombre d’artistes qu’elle abrite (plus de soixante-dix personnes à l’année) que par son rayonnement national et international. Attachée à la notion de « troupe de théâtre », Ariane Mnouchkine fonde l’éthique du groupe sur des règles élémentaires : tout corps de métier confondu, chacun reçoit le même salaire et l’ensemble de la troupe est impliqué dans le fonctionnement du théâtre. L’aventure du Théâtre du Soleil se construit depuis plus de quarante ans grâce à la fidélité et à l’affection d’un public nombreux tant en France qu’à l’étranger. Son parcours est marqué par une interrogation constante sur le rôle, la place du théâtre et sa capacité à représenter l’époque actuelle. Cet engagement à traiter des grandes questions politiques et humaines, sous un angle universel, se mêle à la recherche de grandes formes de récits, à la confluence des arts de l’Orient et de l’Occident.

crédits photos Michèle Laurent

Se rendre au Théâtre du soleil : La Cartoucherie, Route du Champ de Manoeuvre – 75 012 Paris. métro Château de Vincennes + bus 112. Réservation indispensable aux Théâtrales Charles Dullin au 01 48 84 40 53 (jauge limitée à 100 personnes). Entrée libre.
Afin de ne pas déranger le déroulement de la master class, les auditeurs s’engagent à y assister dans sa totalité.

NOTRE BESOIN DE CONSOLATION

le 19 novembre 2010 à 20h30
au Centre Culturel Aragon-Triolet d’Orly


« Ma vie n’est pas quelque chose que l’on doive mesurer. Ni le saut du cabri ni le lever du soleil ne sont des performances. Une vie humaine n’est pas non plus une performance. ». Stig Dagerman a trente ans quand il écrit Notre besoin de consolation est impossible à rassasier, texte testamentaire d’une douzaine de pages dans lequel transparaît la fulgurance de son suicide proche. Julie Bérès se saisit de cette fragilité, qui pose des limites à la maîtrise du vivant, pour proposer ici sa vision onirique de ce qui pourrait advenir de notre corps dans une société obsédée par le progrès, l’utilitarisme et la volonté du « toujours plus ». Le clonage, les banques de spermes étalonnés, les mères porteuses, la cryogénisation changent notre rapport au monde et notre façon de penser l’humain. Le corps devient un objet marchand, vendu, loué, disséqué. La science et le marché apportent une forme de consolation face à l’angoisse de la mort… Poupées qui poussent, enfant démultiplié, mère à vif comme écorchée, amante congelée, miroirs aux rayons X, projections d’yeux géants sur des ballons, visage qui s’évapore dans un écran de fumée… L’enquête que mène K, l’enfant né sous X à la recherche de ses origines, est édifiante sur les perspectives offertes à notre humanité mutante.

mise en scène Julie Bérès / scénario et dramaturgie Julie Bérès, Elsa Dourdet, Nicolas Richard, David Wahl / interprété et créé par Virginie Frémaux, Eric Laguigné, Mike Hayford, Agnès Joessel / création sonore David Ségalen / création lumière Hugo Oudin / création vidéo Christian Archambeau / scénographie Mathias Baudry / plasticienne Juliette Barbier / costumes Aurore Thibout / perruques Nathalie Régior / travail sur le corps Lucas Manganelli / direction technique Nicolas Minssen
production déléguée Espace des Arts, Scène Nationale de Chalon sur Saône
coproduction Compagnie Les Cambrioleurs / le Quartz, Scène Nationale de Brest / le Maillon, Théâtre de Strasbourg / la Brèche, Centre des Arts du Cirque de Cherbourg-Octeville / Théâtre de l’Onde, Espace Culturel de Vélizy Villacoublay / Hexagone, Scène Nationale de Meylan / Théâtre Romain Rolland, Villejuif
avec le soutien du Granit, Scène Nationale de Belfort / et de l’EPPGHV, Parc de la Villette
avec l’aide à la création du Conseil Général du Finistère
l’aide à la création théâtrale du Conseil Général du Val-de-Marne
l’aide à la production et à la diffusion du fonds SACD Théâtre
production déléguée technique le Quartz, Scène Nationale de Brest
la compagnie Les Cambrioleurs est conventionnée par le Ministère de la Culture et de la Communication, DRAC Bretagne / soutenue pour ses projets par le Conseil Général du Finistère / et la Région Bretagne
Julie Bérès est artiste associée au Quartz, Scène Nationale de Brest
crédits photos cie Les Cambrioleurs

Se rendre au Centre Culturel Aragon-Triolet : 1 place du Fer à Cheval – 94 310 Orly. RER C Orly-Ville / bus 183. Réservations au 01 48 52 40 85.

UNE GUERRE PERSONNELLE

le 2 décembre 2010 à 21h
le 3 décembre 2010 à 21h
le 4 décembre 2010 à 21h
à la Maison des Arts de Créteil


Connue pour son esprit de résistance et l’originalité de son rapport au théâtre, la metteure en scène russe, Tatiana Frolova, affectionne l’expérimentation en explorant un langage théâtral qui englobe le texte, le mouvement du corps et son énergie, l’environnement sonore, la lumière, le décor. Pour construire ses spectacles, elle associe volontiers différents médias artistiques « vivants » : musique, vidéo, peinture en live. Elle ne se cantonne pas à un espace unique, mais « défenestre » le plateau en donnant à voir la scène sous différents angles, la coulisse, les loges, la salle, les coursives du lieu lui-même et son environnement. Dans cette spatialité éclatée, elle déplace le spectateur dans une géographie mentale et physique qui est davantage la sienne et qui abolit les frontières entre fiction et réalité. À travers
Une guerre personnelle, elle cherche à mettre en jeu les cinq centres de perceptions sensitives – images visuelles, sons, odeurs, ressentis tactiles et gustatifs – pour créer une image subjective de sensation de la guerre. Cette nouvelle création s’appuie sur le livre d’Arkadi Babtchenko, dans lequel l’auteur raconte son expérience de soldat russe en Tchétchénie. Avec force et sobriété, le texte évoque les violences entre « camarades », l’éthylisme, la faim, la saleté et surtout la corruption. Car tout le monde vend tout ce qui vendable – y compris des armes et des munitions – à « l’ennemi » tchétchène, contre de la nourriture ou de l’alcool. L’armée russe rassemble des épaves humaines pataugeant dans la boue, couvertes d’excréments et de poux, sans solidarité entre des individus qui ne savent plus pourquoi ils se battent. Les récits du jeune conscrit Artiome, alter ego de l’écrivain, sont à cet égard d’une noirceur absolue et soulignent en même temps l’étrange fascination qu’exerce sur les hommes cette descente aux enfers.

de Tatiana Frolova d’après La Couleur de la guerre d’Arkadi Babtchenko (éditions Gallimard) / mise en scène, conception vidéo et musique Tatiana Frolova / traduction Sophie Gindt et Véronique Patte / avec Elena Bessonova, Dmitry Bocharov, Vladimir Dmitriev, Gabriel Almaer / création lumière et son Dmitry Bocharov
production Théâtre KnAM, En Compagnie d’Eux
coproduction La Rose des Vents, Scène Nationale de Villeneuve d’Ascq / Festival Passages, à l’est de l’Europe et ailleurs / Théâtre Vidy-Lausanne
avec le soutien de la Compagnie de l’Oiseau-Mouche, Théâtre de l’Oiseau-Mouche / le Garage, Roubaix / et du Fonds Prokhorov
crédits photos Kirill Khanenkov

Se rendre à la Maison des Arts : place Salvador Allende – 94 000 Créteil. métro 8 Créteil – Préfecture. bus 117, 217, 281, 308 ou 317. navette retour jusqu’à la place de la Bastille. Réservations au 01 45 13 19 19.

ON AIR

le 20 novembre 2010 à 20h30
à l’Espace Culturel André Malraux du Kremlin-Bicêtre


Entre le premier dont on ne souvient plus et celui qui nous attend et dont on ne saura jamais rien, ce spectacle égraine les différents souffles qui trament la vie, qui nous relient les uns aux autres, qui sont l’émanation physique de notre intérieur propulsé vers l’extérieur, et inversement, et qui portent la marque de notre nature éphémère, surgie comme le vent et évanouie comme la buée sur une vitre. L’air et les courants qui portent les nuages, la vapeur qui s’exhale de l’évent d’une baleine, les bulles qui remontent à la surface de l’eau, la respiration que l’on prend avant et celle après laquelle on court quand le coeur va battre ou a battu trop vite, les crevaisons que rencontre l’existence ou les oxygénations qu’elle réclame… Laurence Vielle et Jean-Michel Agius sont partis à la collecte d’expériences vécues, de témoignages parlés et filmés, n’hésitant pas à immiscer dans cette moisson l’expérience de leur intimité partagée. Par le truchement de la danse et du théâtre, sur un plateau balayé par un ventilateur dispersant les mots et les images et accentuant la trame non linéaire du déroulé, ils tentent de trouver, ainsi qu’ils l’avaient fait dans leur dernier opus État de marche, ce souffle continu, « si parfaitement moi-même et plus même que moi », qui à la fois nous dissocie dans notre singularité et nous rassemble dans sa ressemblance.

texte Laurence Vielle / chorégraphie et image Jean-Michel Agius / avec Jean-Michel Agius, Llorenç Balasch, Laurence Giraud, Catherine Graindorge, Dragan Nedeljkovic, Elie Rabinovitch, Laurence Vielle / musique originale en direct Catherine Graindorge, Elie Rabinovitch / scénographie, image et lumières Dragan Nedeljkovic / réalisateur radio Eric d’Agostino / administration Laurence Baldy
coproduction Espace Culturel André Malraux, Le Kremlin-Bicêtre
action financée par le Conseil Général du Val-de-Marne
avec le soutien de L’Hippodrome, Scène Nationale de Douai / et de l’ADAMI
mise à disposition de studio de répétitions Micadanses, Paris / Centre National de la Danse, Pantin / et du Centre Culturel Jean Houdremont, La Courneuve
crédits photos Jean-Michel Agius

Se rendre à l’Espace Culturel André Malraux : 2 place Victor Hugo – 94 270 Le Kremlin-Bicêtre. métro 7 Kremlin-Bicêtre / bus 131, 185, 47 ou 323. Réservations au 01 49 60 69 42.

SACCO ET VANZETTI

le 20 novembre 2010 à 20h45
au Théâtre Claude Debussy de Maisons-Alfort


Nicola Sacco dans sa cellule à quelques heures de mourir… La lumière de l’unique ampoule faiblit parce que l’on vérifie la chaise électrique à quelques pas de là… Son compagnon de lutte et d’infortune, Bartolomeo Vanzetti, apparaît soudain. Délire occasionné par vingt-six jours de grève de la faim ? Hallucination due aux tranquillisants fournis par des médecins auxiliaires de mort ? Rêve éveillé ? Vision ? Qu’importe ! Ensemble, ils retracent leur existence misérable d’exilés, se remémorent leur procès ubuesque placé sous le signe de la xénophobie, rejouent les témoignages grotesques, les manipulations et les chantages abjects des policiers et des politiciens. Leur personnalité se dissout et empreinte celle des visages amis ou hostiles qui marquent les sept années de calvaire qu’ils viennent d’endurer depuis leur arrestation, le 5 mai 1920. Ils sont la secrétaire qu’on intimide pour un faux témoignage, le camarade qu’on licencie parce qu’il refuse de mentir à la barre, les flics pourris qui font la chasse aux immigrés. Ces évocations dressent peu à peu le portrait de l’Amérique des années 20 où, dans un climat instable, le pouvoir et les institutions annihilent la houle des revendications ouvrières par une répression féroce sacrifiant les grévistes, les étrangers et les « rouges » sur l’autel de l’intérêt financier. Mais la plus grande épreuve qui attend les deux hommes n’est pas de faire triompher la révolution par leur sacrifice. C’est, face à l’ultime compte à rebours, celle de s’aider mutuellement à mourir en hommes libres. Sacco et Vanzetti est d’abord une initiation tragi-comique à la mort, doublée d’une ode à la liberté.

texte Alain Guyard / mise en scène et scénographie François Bourcier assisté de Nathalie Moreau / avec Jacques Dau, Jean-Marc Catella / son et images Philippe Latron / création lumière Romain Grenier / musique originale et régie Roland Catella
avec le soutien de l’Espace Michel Simon, Noisy-le-Grand / et du Conseil Général de Seine-Saint-Denis
crédits photos Caroline Coste

Se rendre au Théâtre Claude Debussy : 116 avenue du Général de Gaulle – 94 700 Maisons-Alfort. RER D Maisons-Alfort/Alfortville / métro 8 Maisons-Alfort stade / bus 181, 172 ou 372. Réservations au 01 41 79 17 20.

DIALOGUE D’UN CHIEN AVEC SON MAÎTRE SUR LA NECESSITÉ DE MORDRE SES AMIS

le 23 novembre 2010 à 20h30
au Centre des Bords de Marne du Perreux-sur-Marne

le 27 novembre 2010 à 21h30
à l’Espace Culturel André Malraux du Kremlin-Bicêtre

Le théâtre de Jean-Marie Piemme s’inscrit toujours dans un rapport étroit au réel qui confronte le personnage au monde et à une difficile altérité. Appartenant à une génération vouée au théâtre politique, l’auteur belge confère à celui-ci une perspective très contemporaine, où la réalité sociale percute la perte de sens et la quête de l’identité. C’est l’histoire d’une rencontre entre un homme et un chien. Le premier, portier d’un hôtel de luxe, loge dans la précarité d’une caravane. Le second, lui, passe son temps à faire des cabrioles devant les voitures pour goûter à la cacophonie des carambolages. Face à la bête, l’humain éructe, invective, peste, aboie et grogne. Face au bipède et à la menace de ses coups, l’animal susurre comme un renard, mais ose – le comble pour un chien – appeler un chat… un chat. Dans cette commutation des espèces, les deux finissent par livrer un même combat. Même langue pendante devant la soif de bonheur et de justice, même appétit à égratigner les puissants du monde, même rage à pourfendre la bêtise des uns et l’égoïsme des autres, et mêmes frétillements de queue devant le plaisir. Il faudra surtout une enfant égarée dans le maquis des protections administratives pour que les deux s’apprivoisent. Car c’est aussi l’histoire d’un père qui a perdu sa petite fille et d’un cabot qui la lui rapportera. Happy end, excès de sentimentalité, angélisme ? Dans un registre oscillant entre farce et théâtre déclaratif, l’écriture cynique et sans pitié et la mise en scène d’un clownesque désespéré échappent à tout misérabilisme.

texte Jean-Marie Piemme / mise en scène et scénographie Philippe Sireuil / avec Philippe Jeusette, Fabrice Schillaci / musique David Callas / costumes Catherine Somers / assistante à la mise en scène Christelle Alexandre
production Théâtre National de la Communauté Française de Belgique
avec la collaboration de La Servante
Dialogue d’un chien sur la nécessité de mordre ses amis
est publié aux éditions Actes Sud-Papiers
crédits photos Danièle Pierre

Se rendre au Centre des Bords de Marne : 2 rue de la Prairie – 94 170 Le Perreux-sur-Marne. RER A Neuilly-Plaisance / bus 114. Réservations au 01 43 24 54 28.

Se rendre à l’Espace Culturel André Malraux : 2 place Victor Hugo – 94 270 Le Kremlin-Bicêtre. métro 7 Kremlin-Bicêtre / bus 131, 185, 47 ou 323. Réservations au 01 49 60 69 42.

CONCERT À LA CARTE

le 20 novembre 2010 à 18h et 21h
représentations supplémentaires le 22 novembre 2010 à 21h et le 23 novembre 2010 à 19h et 21h
à l’Arc-en-Ciel, Théâtre de Rungis


Concert à la carte décrit minutieusement la soirée d’une femme seule, et cela sans un mot. Pas même une plainte énervée, quand elle ne parvient pas à allumer sa cigarette pour la troisième fois. Mademoiselle Rasch aimerait se détendre de sa longue journée en écoutant les émissions avilissantes de la radio, mais n’y arrive pas. Avec la même obsession de la propreté et de l’ordre qu’elle a consacré à sa vie, elle va finalement avaler un tube de somnifères, et silencieusement mettre fin à ses jours. Pour Franz Xaver Kroetz, cet acte violent symbolise l’impossibilité que rencontre l’individu moderne, utilisé et exploité, de changer l’ordre des choses. Le considérant comme une bête de somme, et non comme une personne, la société lui réfute le droit de s’épanouir. Consciente que c’est le langage gestuel, et non pas les mots, qui porte la solitude de la protagoniste, Vanessa Larré n’hésite pas à accentuer l’enchaînement mécanique de ses déplacements, la désynchronisation de ses mouvements, jusqu’à propulser l’interprétation de Mademoiselle Rasch vers la chorégraphie. Pris en tenaille dans cet huis clos renforcé par un mur de vidéosurveillance, le spectateur observe les différentes stratégies mises en place pour lutter contre la détresse et l’isolement. Il pourrait se laisser gagner par la panique, personne ne lui expliquant ce qui se passe dans la tête de cette femme. Il lui reste à l’imaginer, et c’est alors un peu de son image qui évolue sous ses propres yeux.

texte Franz Xaver Kroetz / traduction Ruth Henry, Robert Valançay / conception et interprétation Vanessa Larré / travail chorégraphique et collaboration à la mise en scène Véronique Ros de la Grange / scénographie, costumes et vidéo Chantal de la Coste-Messelière / création sonore Emmanuel Soland / création lumière et régie générale Bruno Valette
production Théâtre Dijon Bourgogne, CDN
coproduction CDN d’Orléans / Arc-en-Ciel, Théâtre de Rungis / la Comédie de Genève / Art danse, CDC Dijon Bourgogne / Why Note / Compagnie Parcelle 112
avec le soutien du Parc de la Villette
Concert à la carte
est publié à l’Arche Éditeur / L’Arche Éditeur est agent théâtral du texte représenté
crédits photos Stanley Woodward

Se rendre à l’Arc-en-Ciel, Théâtre de Rungis : 1 place du Général de Gaulle – 94 150 Rungis. RER B Croix de Berny + bus 396. Réservations au 01 45 60 79 00.

NOTRE TERREUR

le 25 novembre 2010 à 20h30
le 26 novembre 2010 à 20h30
à La Scène Watteau de Nogent-sur-Marne

Si la pièce évoque une séance du Comité de salut public au lendemain de l’exécution de Danton en 1794, si elle met en scène les agitations et les atermoiements de ses dirigeants, Saint-Just, Barère, Collot d’Herbois, Couthon, Billaud-Varenne et Robespierre, en s’inspirant de documents d’époque, elle n’est cependant pas une restitution attestée et authentique de ce qui s’est réellement passé. Une dramaturgie à la frontière du happening et de la performance, ouverte aux aléas de l’improvisation, impose aux comédiens de s’affranchir des personnages originels et de mettre en jeu leur propre individualité dans l’époque actuelle. L’histoire se réinvente dans le temps réel du plateau et donne ainsi davantage l’impression d’un reportage en direct que celle d’une reconstitution historique. Ce processus théâtral confère aux débats des protagonistes une véracité vertigineuse où la cruauté et l’humour, la violence et l’amitié, le doute et la certitude s’enchaînent dans des transitions abruptes. Ce n’est plus seulement l’histoire d’une révolution primitive qui se déroule dans cette arène bi-frontale où le public se tient comme au bord d’un précipice, mais d’une manière plus emblématique, engageante et déconcertante, l’itinéraire des révolutions populaires initiées au nom du peuple, par le peuple et pour le peuple, qui est questionnée ici. Une révolution sans mort d’innocents estelle possible ? Peut-on éviter, même avec de bonnes intentions, de sombrer dans la dictature en voulant imposer la vertu ? La liberté est-elle vaine sans justice ? Dans cette salle de réunion peu à peu dévastée par une terreur destructrice, les fantômes expiatoires du despotisme apparaissent couverts de sang. Et, recommencement perpétuel et insoluble, c’est le visage de la victime devenue à son tour bourreau qui se venge à nouveau de la folie humaine.

création collective D’ores et déjà / mise en scène Sylvain Creuzevault / avec Samuel Achache, Benoit Carré, Antoine Cegarra, Eric Charon, Pierre Devérines, Vladislav Galard, Lionel Gonzalez, Arthur Igual, Léo-Antonin Lutinier / costumes Pauline Kieffer / scénographie Julia Kravtsova / marionnettes et masques Joseph Lapostolle et Loïc Nébréda /  lumières Vyara Stefanova / administration et production Louise Gasquet et Elodie Régibier
production D’ores et déjà / La Colline, Théâtre National / Festival d’Automne à Paris / Nouveau Théâtre d’Angers, CDN des Pays de la Loire / Célestins, Théâtre de Lyon / Culturgest, Lisbonne
avec la participation artistique du Jeune Théâtre National
le spectacle a été créé le 9 septembre 2009 à La Colline, Théâtre National dans le cadre du Festival d’Automne à Paris
crédits photos Marine Fromanger

Se rendre à La Scène Watteau : Place du Théâtre – 94 130 Nogent sur Marne. RER E Nogent-le-Perreux / bus 114, 116, 120, 210 ou 317. Réservations au 01 48 72 94 94.

LE CHAGRIN DES OGRES

le 19 novembre 2010 à 20h30
le 20 novembre 2010 à 21h30
au Théâtre de Saint-Maur


Elle traverse le plateau d’un pas décidé. Puis faisant demi-tour, accomplit le même trajet en sens inverse. Même marche régulière, mêmes coups de micro dans le grand rideau de plastique. Puis elle recommence encore… Et toujours, d’une étrange voix de petite fille, elle relate l’histoire de l’ogre qui dévorait ses enfants… Sous le diadème de cette Alice au pays de la désillusion, une tache rouge sang s’étend sur la robe blanche. D’un bout à l’autre du Chagrin des ogres, elle sera celle qui commente, raconte, houspille les personnages : les deux êtres enfermés dans leur bulle. D’un côté, un jeune homme derrière son ordinateur et sa webcam. De l’autre, une jeune fille dans un réduit dématérialisé où elle se filme en permanence. Le garçon est inspiré par Sebastian Bosse, ce jeune allemand de dix-huit ans qui se suicida après avoir tiré sur les élèves et professeurs de son lycée. La jeune fille, allongée dans son lit d’hôpital après avoir attenté à sa vie, divague sur Natascha Kampusch, cette jeune autrichienne kidnappée dans une cave durant toute son adolescence. Dans une solitude terrible, face à l’oeil de leur caméra respective, les deux jeunes gens dévoilent peu à peu tout le mal-être d’une génération plongée dans une lente descente aux enfers. « J’ai vingt-cinq ans et c’est ma façon à moi d’enterrer mon enfance. Le spectacle parle de ça, ce sont des testaments d’enfants. » Fidèle à son intention, Fabrice Murgia déploie sa fable cruelle en s’affranchissant largement des clichés sur la crise adolescente et des explications toutes faites : la faute aux jeux vidéo, aux films violents, etc. Il met en scène le désespoir de ceux qui hurlent à l’aide, sans que l’on sache réellement lesquels d’entre eux détiennent des rêves ou des bombes pour se venger de ceux qui ne les entendent pas.

texte et mise en scène Fabrice Murgia / avec Emilie Hermans, David Murgia, Laura Sépul
production Théâtre National de la Communauté Française de Belgique
avec l’aide du Festival de Liège / et de Théâtre&Publics
crédits photos Cici Olsson

Se rendre au Théâtre de Saint-Maur : 20 rue de la Liberté – 94 100 Saint-Maur. RER A Parc de Saint-Maur / bus 317 ou 107. Réservations au 01 48 89 99 10.

INFINIMENT LÀ

le 26 novembre 2010 à 20h30
au Théâtre André Malraux de Chevilly-Larue


Infiniment là, qu’Anne Conti a composé après le décès accidentel de son frère, est une supplique à la vie, fulgurante et brûlante, toute à la fois chantée et chuchotée, pour se délivrer de sa blessure intime et s’abandonner ainsi à l’apaisement. « Au début est l’accident. Alors surgissent les dernières secondes d’une vie. Un dernier tour de piste, un état des lieux avant de fermer la porte. Tout est là. La mémoire qui se bouscule, les souvenirs en bascule. Un carnet intime qui se referme sur les rêves encore à réaliser, ceux perdus à jamais, ceux qui nous font debout et nous tiennent éveillés. » Anne Conti offre à son proche disparu les jours et les nuits où elle n’a pu être présente, et remplit cette absence avec tout ce qu’elle ne lui a pas dit. Elle prend sa place, une heure avant la mort, au bord du précipice qui rend absurde tout bilan. Et ce faisant, elle dresse le portrait d’une jeunesse aux colères rentrées, aux interrogations inquiètes, et d’une maturité passionnément dévorée par la vie et l’amour. Car il y a en elle, dans sa douceur et sa révolte conjuguées, quelque chose comme l’expression d’une lutte acharnée à la fois contre la toute-puissance du temps et pour la permanence de ce moi qui la constitue. Jouant avec les rythmes, les mélodies, les lumières, les fées qu’elle convoque, le ballon vert qu’elle accepte de lâcher, elle tente d’englober ce qui demeure après la disparition : la quintessence de l’être et ce don de vivre qui, en écho aux mots de Paul Valéry, perdure en passant dans les fleurs.

texte, mise en scène et interprétation Anne Conti / musiciens Rémy Chatton, Vincent Le Noan, Benjamin Leherissey / direction d’acteur Babeth Legillon / création lumière Bruno Lequenne / création costume Catherine Lefebvre / création musique Rémy Chatton, Vincent Le Noan, Ben Leherissey / création sonore Rémy Chatton / régie générale et lumière Stanislas Heretynski / régie son Aurore Clément / regards complices Farid Ounchiouene, Gomez
production In Extremis
coproduction le Channel, Scène Nationale de Calais / et l’Espal, Scène Conventionnée du Mans
avec l’aide du Ministère de la Culture et de la Communication, DRAC Nord Pas-de-Calais / et du Conseil Régional Nord Pas-de-Calais
remerciements à La Verrière / au Théâtre du Nord / et au CCN de Roubaix
crédits photos Jeff Rabillon

Se rendre au Théâtre André Malraux : 102 avenue du Général de Gaulle – 94 550 Chevilly-Larue. RER B Bourg-la-Reine + TVM / métro 7 porte d’Italie + bus 131. Réservations au 01 41 80 69 69.

SANS AILES ET SANS RACINES

le 26 novembre 2010 à 21h
au Sud-Est Théâtre de Villeneuve-Saint-Georges

Deux personnages, un père, un fils, l’un en noir, l’autre en blanc, se déplacent sur un échiquier dont les cases sont délimitées par des éclairages serrés. Les distances qui les séparent varient selon l’intensité de leur affrontement. Deux histoires d’immigration, deux parcours de vie, deux générations… Le père est arrivé, enfant, dans son pays d’accueil. Il a intégré les moeurs européennes et, malgré les comportements racistes auxquels il doit parfois se confronter, il se sent porté par un souffle libertaire, une philosophie athée et hédoniste. Le fils, né sur cette terre-là, est séduit par le repli communautaire, il opte pour la sécurité de la foi et son ancrage intangible dans le fanatisme religieux. Hamadi et Soufian El Boubsi, père et fils au théâtre comme dans la vie, n’ont pas écrit leur propre histoire, mais une fable allégorique sur la fracture familiale. Ici, l’amour d’un père pour son fils, et celui d’un fils pour son père se transforment en haine, tant l’incompréhension est totale. Pas de parti pris pour l’un ou pour l’autre, les arguments sont justes dans chaque bouche. Le pathétique se trouve, non dans le divorce des idées, mais bien dans le duel de ces deux êtres qui voudraient chacun être aimé par l’autre et qui n’y parviennent plus. Face à cette impossibilité, la tension croit, l’émotion aussi, rythmées par les explosions vocales et les silences, les questions sans réponses et les plongées introspectives. La cruelle incompatibilité, vécue des deux côtés comme une trahison affective, va nourrir le drame final de ce face à face inéluctable et que diffère longtemps la force des sentiments.

texte Hamadi / avec Hamadi, Soufian El Boubsi / lumières Michel Delvigne
coproduction Charge du Rhinocéros / Théâtre de Namur, Centre Dramatique / Théâtre de l’Ancre, Charleroi
avec le soutien de la Cocof
crédits photos Véronique Vercheral

Se rendre au Sud-Est Théâtre : 21 avenue Carnot – 94 190 Villeneuve-Saint-Georges. RER D Villeneuve-Saint-Georges / bus K, J1 ou J2. Réservations au 01 43 89 54 39.

LES VIVANTS ET LES MORTS

le 27 novembre 2010 à 15h (intégrale d’une durée de 9h – repas offert)
le 19 novembre 2010 à 19h30, le 21 novembre 2010 à 16h (1re saison)
le 26 novembre 2010 à  19h30, le 28 novembre 2010 à 16h (2e saison)
au
Théâtre Jean Vilar de Vitry-sur-Seine


Raussel est une petite ville de l’est de la France, qui n’existe qu’à travers son usine. Tout le monde ou presque y travaille depuis plusieurs générations. Rudi et Dallas sont un couple parmi d’autres, jeunes mariés, jeunes parents. Ils n’ont pas forcément les mêmes horaires, les mêmes aspirations, mais parviennent à se retrouver dans leur nouvelle maison construite grâce aux prêts bancaires et aux aides familiales. Rien que la routine, le petit bonheur, les copains copines avec qui on échange tout, les confidences et les vapeurs d’alcool. Jusqu’au jour où l’usine ferme. L’événement se déroulera en deux temps : une grosse vague de licenciements qui frappe les vieux et les jeunes, suivie d’une liquidation définitive laissant tout le monde sur le carreau, et Raussel totalement exsangue. Julien Bouffier met en scène la fresque de Gérard Mordillat, en découpant la trame narrative en séquences réalistes, violentes et crues et en les accompagnant d’une musique rock et blues jouée en live. Avec le support de la vidéo, il multiplie les points de vue, alternant plans serrés et plans larges, afin de restituer les interactions de l’intime et du sociétal. Comédiens et musiciens évoluent entre les murs d’une grande maison transparente. Espace privé et vie à l’usine se superposent, de même que sentiments et combat militant. D’une durée totale de huit heures, la pièce est découpée en saisons, à la façon des séries télévisuelles. Ce théâtre-fleuve chargé de vie et de mort, cette saga captivante pleine de fureur et de bruit, ce maelström humain, social et politique ne nous éloignent jamais des personnages terriblement vivants qui luttent pour leur survie, dans un macrocosme où la raison financière l’emporte sur le souci des hommes.

de Julien Bouffier d’après le roman de Gérard Mordillat (éditions Calmann-Lévy) / mise en scène Julien Bouffier / avec Marc Baylet, Claire Engel, Stéphane Laudier, Vanessa Liautey, Olivier Luppens, Claude Maurice, Jonathan Perez, Jean-Claude Fall, Fanny Rudelle, Christel Touret, Christophe Devaux, Sylvain Etchegaray, Guillaume Allory, avec la participation de Lucille Paquis / assistant à la mise en scène Stéphane Laudier / scénographie Emmanuelle Debeusscher, JB / travail chorégraphique Hélène Cathala / vidéo Laurent Rojol, JB / création musicale et sonore Absinthe (Provisoire), Eric Guennou / création lumière Christophe Mazet / costumes Marie Delphin / direction technique Julien Meyer / photo Marc Ginot
production Compagnie Adesso e Sempre
coproduction Théâtre des Treize Vents, CDN de Montpellier Languedoc-Roussillon / Le Cratère Théâtre d’Alès, Scène Nationale / Scène Nationale de Cavaillon / Culture Commune, Scène Nationale du Bassin Minier du Pas-de-Calais / Théâtre de l’Agora, Scène Nationale d’Evry et de l’Essonne
avec le soutien de l’Onde, Espace culturel de Vélizy-Villacoublay
avec l’aide à la création de la Région Languedoc-Roussillon / et de la SPEDIDAM
ce spectacle a été créé dans le cadre de la résidence de la Compagnie Adesso e Sempre au Théâtre des Treize Vents, CDN de Montpellier Languedoc-Roussillon
la Compagnie Adesso e Sempre est subventionnée par le Ministère de la Culture et de la Communication, DRAC Languedoc-Roussillon au titre des compagnies conventionnées / la Région Languedoc-Roussillon / le Conseil Général de l’Hérault / et la Ville de Montpellier
crédits photos Marc Ginot

Se rendre au Théâtre Jean Vilar : 1 place Jean Vilar – 94 400 Vitry-sur-Seine. RER C Vitry-sur-Seine + bus 180 / métro 7 Porte de Choisy + bus 183 / métro 8 Liberté + bus 180. Navette aller-retour depuis Paris Châtelet les vendredis et samedis sur réservation. Réservations au 01 55 53 10 60.

DIMANCHE 7 NOVEMBRE à 16h aux 3 Cinés Robespierre de Vitry (à 2 pas du Théâtre Jean-Vilar et du Mac/Val)
Découvrez en avant-première le prochain roman de Mordillat, ROUGE DANS LA BRUME, à paraître en janvier 2011.
Lecture dialoguée avec une dizaine d’acteurs et en présence de l’auteur.
Entrée libre sur réservation auprès du Théâtre Jean-Vilar  01 55 53 10 60

CAPITAL CONFIANCE

le 2 décembre 2010 à 19h30
le 3 décembre 2010 à 19h30
le 4 décembre 2010 à 19h30
à la Maison des Arts de Créteil

Depuis le début de la crise des subprimes, le capitalisme est encore une fois bien malade. Mal passager ou incurable ? Les métastases provenant du système financier n’ont-elles pas atteint le reste du corps économique une bonne fois pour toutes ? L’actualité nous abasourdit de reportages claironnant la fin du tunnel, aussitôt contredits par les annonces relatives à des fermetures d’entreprises, à un taux de chômage exponentiel et à une inflation galopante. Le monde court après le remède miracle qui semble ne tenir qu’en un seul mot : « confiance »… Dans différents domaines, de rencontres en conférences, Transquinquennal et le Groupe Toc ont engrangé les avis des experts. Les deux troupes restituent ici le fruit de leur enquête en une succession de scènes hilarantes mais glaçantes, prenantes et surprenantes, évidentes ou obscures. Qu’elles explorent les moyens de résister à la crise ou montrent des bourgeois morts-vivants distribuant la soupe populaire, qu’elles égrènent les différents modes de suicide ou découvrent en l’obèse un coupable idéal à tous les maux de la société, leurs interventions pulvérisent les clichés véhiculés par les majorités silencieuses, les politiciens en quête de voix, les manipulés de la surinformation, les découragés de la démocratie affamés par l’économie.

de Transquinquennal et Groupe Toc / mise en scène et interprétation Bernard Breuse, Miguel Decleire, Marie Henry, Raphael Noel, Stéphane Olivier, Hervé Piron, Anne Thuot, Mélanie Zucconi / assistante à la mise en scène Diane Fourdrignier / scénographie et costumes Marie Szersnovicz / technique Koen Raes / conception 3D Laurent Talbot / stagiaires Marion Menan, Lou Boscq / production Céline Renchon
production Transquinquennal, Groupe Toc
coproduction Théâtre de Namur / Théâtre Varia, Bruxelles / en partenariat avec l’Ancre, Charleroi / International Informelles Festival, Marseille / L’L, lieu de recherche et d’accompagnement pour la jeune création à Bruxelles / ERG, école de recherche graphique à Bruxelles / la Médiathèque
avec l’aide de la Communauté Française Wallonie-Bruxelles / de l’agence WBT/D / et de Wallonie-Bruxelles International
crédits photos Herman Sorgeloos

Se rendre à la Maison des Arts : place Salvador Allende – 94 000 Créteil. métro 8 Créteil – Préfecture. bus 117, 217, 281, 308 ou 317. navette retour jusqu’à la place de la Bastille. Réservations au 01 45 13 19 19.

HOBB STORY, SEX IN THE (ARAB) CITY

le 3 décembre 2010 à 20h30
au Théâtre de Cachan


On a tendance à penser qu’il existe un monde arabe, qui serait uniforme, dominé par une culture commune omniprésente, une sorte de bloc compact qui ferait face à un autre monde : l’occidental. La peur de l’islam depuis quelques années a accentué ce fantasme. Cela se traduit, par exemple, par le fait que tous les Arabes en France sont assimilés à des musulmans, y compris dans l’esprit des plus hauts responsables. Ce même fantasme est aussi celui des islamistes, qui rêvent d’une Ouma qui n’a jamais existé. Ainsi, paradoxalement, une certaine vision occidentale de l’islam et des Arabes va tout à fait dans le sens des plus obscurantistes. C’est un désir de liberté sexuelle qui sous-tend ce spectacle documentaire. Prenant comme prétexte, une émission télévisuelle sur la sexualité orientale, les acteurs jouent sur fond de témoignages filmés où des femmes et des hommes tunisiens, ainsi qu’une fille de banlieue parisienne, racontent les pressions de la religion, de la famille, des voisins, de la société. Les tableaux abordent aussi bien l’homosexualité que les relations de couple avant et après le mariage, le concubinage, les liaisons extraconjugales, les crimes passionnels, la virginité, le harcèlement, l’usage des préservatifs, le sida, le viol… La sexualité, dont il est question sur scène, n’épargne pas aussi la vision d’un Orient luxurieux et érotique chère aux auteurs français du siècle passé. Se dessine alors peu à peu une carte du sexe crue et drue, pas si homogène, conventionnelle et immuable que les préjugés voudraient le laisser croire. « Ça » se discute, « ça » s’aménage et « ça » n’est pas nécessairement plus triste et moins joyeux qu’ailleurs.

texte et mise en scène Lotfi Achour / avec (distribution en cours) Jawhar Basti, Thierry Blanc, Anissa Daoud, Lina Murat / assistants à la mise en scène Anissa Daoud, Kaïs Zaied / dramaturgie Lotfi Achour, Anissa Daoud avec la contribution de Raja Farhat, Moez Toumi / scénographie Lotfi Achour / musique et création sonore Jawhar Basti / costumes Basma Dhaouadi / collaboration à la scénographie Natacha de Pontcharra / sculpture et réalisation du décor Taher Jedidi / animations Lotfi Mahfoudh / ingénieur du son Yassine Akermi / vidéos Mohamed Maghraoui, Frédéric de Pontcharra, Imed Methenni, Moez Cheikh, Jean-Marie Lengellé, Zeineb Laroussi, Hana Ben Salah
coproduction APA (Artistes Producteurs Associés), Tunis / TARMAC de la Villette, Paris / Festival international de Hammamet / Théâtre Monnot, Beyrouth / Compagnie Lotfi Achour
avec l’aide à la production d’ARCADI
avec le soutien de l’Institut Français de Coopération, Tunis / et de Culturesfrance
crédits photos Eric Legrand

Se rendre au Théâtre de Cachan : 21 avenue Louis Georgeon – 94 230 Cachan. RER B Arcueil / Cachan + 10 min. à pied / bus 162, 184 ou 187. Réservations au 01 45 47 72 41.

UN JOUR J’IRAI À VANCOUVER

le 5 décembre 2010 à 17h
représentation supplémentaire le 6 décembre 2010 à 10h30
à la Salle des fêtes de Gentilly


Prenant comme point de départ une représentation d’Antigone où se pressent les mères venues admirer leurs enfants, Rachid Bouali ressuscite les rêves, les envies et les passions suscités par cette aventure théâtrale. Et montre comment elle a permis d’abattre les frontières culturelles et sociales. À quelques pas de la cité de la Lionderie, à Hem, un atelier d’art dramatique vient de naître. Désormais, sur les planches, tout devient possible, un univers nouveau s’ouvre aux jeunes du quartier. Molière, Brecht, Sophocle s’immiscent dans les petites vies et bousculent les préjugés et les mentalités. Un parcours semé d’embûches : honte de s’adonner à une activité intellectuelle, difficulté à s’extraire de l’image de caïd que chacun s’est forgée au bas des immeubles. La confrontation des langages, celui de l’animateur et des participants, celui de l’auteur et des improbables comédiens, reflète la distance parfois abyssale qui sépare les deux mondes. Seul en scène, Rachid Bouali évoque avec tendresse, décalage et humour, ce long périple autobiographique qui l’a conduit du naufrage de l’école aux feux de la rampe. Les mères de la cité habillées pour l’occasion, le père auréolé d’un savoir quasi sacré qu’il ne possède pas, les faux durs du quartier s’empêtrant dans le mensonge pour ficeler une représentation approximative du Cid de Corneille. Le spectacle se construit tout entier autour de ces figures, de leurs attitudes et de leurs parlers singuliers. Sans nostalgie et sans pathos, Rachid Bouali peint, avec une multitude de détails, le tableau de l’époque qui l’a vu naître comme artiste et décrit simplement, sans s’en faire l’apologiste, comment des murs peuvent se fissurer pour un jour voler en éclats.

de et par Rachid Bouali / collaborations artistiques Gilles Defacque et Alain Mollot / mise en lumière Morane Asloun
production Compagnie La Langue Pendue
coproduction Le Prato, Lille / Centre des Arts du Récit en Isère, Saint Martin d’Hères / Espace R. Coutteure, Grenay
avec le soutien du Ministère de la Culture et de la Communication, DRAC Nord Pas-de-Calais / et du Conseil Régional Nord Pas-de-Calais
crédits photos Le Jardin Graphique, création Mathieu Desailly

Se rendre à la Salle des fêtes : 14 place Henri Barbusse – 94 250 Gentilly. RER B Gentilly / bus 57, 125 ou 184. Réservations au 01 41 24 27 10.

SALETÉ

le 8 décembre 2010 à 20h30
le 9 décembre 2010 à 20h30
le 10 décembre 2010 à 20h30
le 11 décembre 2010 à 20h30
au Théâtre de Saint-Maur


Saleté, la pièce de Robert Schneider écrite en 1991, dissèque la condition d’un immigré clandestin vendeur de roses en Autriche. « Je m’appelle Sad et je suis de la merde. Et vous, vous êtes si bons ». Ce personnage, incarné par un acteur autrichien, vit un état de crise permanente, parce qu’il doit chaque soir trouver un squat pour dormir, transporter sa vie dans un sac, éviter les attaques des skinheads, échapper aux traques policières. Dans la solitude alcoolisée de la nuit, Sad affronte les fantômes du jour, ces bonnes gens qui portent beau le racisme ordinaire, la haine des différences. Il se glisse dans le corps de ses ennemis et s’empare de leurs paroles glanées dans les brasseries viennoises. Mais, toujours à la limite du cynisme et du nihilisme, Sad se bat moins contre les autres que contre lui-même. Car, à son arrivée, il adorait ce pays, ses paysages, sa langue, sa philosophie, ses habitants, son idéal démocratique. Très vite, confronté au concret, il découvre la contradiction entre la philosophie et la réalité, entre Goethe et Auschwitz. Il se perd dans cette opposition, prêt à reconnaître qu’il est sale, menteur et que « une mère arabe qui perd son fils, c’est moins grave, car une mère arabe ne connaît pas le deuil, c’est sociologique ». Jeté en pleine face, le discours fait froid dans le dos. Un plateau, un comédien, un texte et un public suffisent à Hans Peter Cloos pour rendre l’actualité abrupte de ce propos rageur et déchiré. Cette scène synergique et simple offre un espace de réflexions sur la société et l’humain, sur la mémoire et les angoisses collectives. Elle nettoie les êtres des images et des bruits qui les assaillent en permanence et qui entravent leur capacité de réfléchir et de voir.

texte Robert Schneider / traduction Claude Porcell / mise en scène Hans Peter Cloos / avec Florian Carove / assistante à la mise en scène Maïa Guéritte / décor Jean Haas / costume Marie Pawlotsky / lumière Jean Kalman / musique Peter Ludwig / maquillage Corinne Blouch
production Aimant d’art
Saleté est publié à l’Arche Éditeur / L’Arche Éditeur est agent théâtral du texte représenté
crédits photos Laurent Paillier, photosdedanse.com

Se rendre au Théâtre de Saint-Maur : 20 rue de la Liberté – 94 100 Saint-Maur. RER A Parc de Saint-Maur / bus 317 ou 107. Réservations au 01 48 89 99 10.

MY SECRET GARDEN

le 8 décembre 2010 à 20h
le 9 décembre 2010 à 19h
série de représentations du 8 au 18 décembre 2010 : vendredi, samedi, lundi, mardi, mercredi à 20h, jeudi à 19h (relâche le dimanche)
au Théâtre des Quartiers d’Ivry / Studio Casanova


En 2008, il montait Das System pour le Festival d’Avignon. Stanislas Nordey a, depuis lors, poursuivi son exploration de l’univers de Falk Richter. De la collaboration véritable et prolongée entre ce metteur en scène et ce dramaturge est né ce projet original, ce nouvel opus qui s’organise autour du journal intime que Falk Richter tient depuis de nombreuses années, parallèlement à l’écriture de ses pièces. Une autofiction à la première personne qui s’est nourrie, au fil des répétitions, du contact avec les acteurs, dans un entrelacs de matériaux divers. À l’interrogation sur le fonctionnement de la société s’ajoute une part très personnelle de réflexion sur soi-même et le rapport aux autres. Sans se dissimuler derrière un personnage de fiction, l’auteur prend la parole et dit « Je ». Sujet de sa propre pièce, il raconte ses aventures privées, expose son regard sur le monde politique, analyse son rapport au théâtre. Les questions qu’il soulève résonnent pleinement avec celles qui irriguent le travail de Stanislas Nordey : dévoration du théâtre qui réduit la vie sociale et privée, volonté d’investir le politique dans l’oeuvre artistique, solitude de l’écrivain dans sa démarche de vie et de création. De ce trouble commun, est né le désir d’une collaboration étroite et urgente pour imaginer ensemble, déplacer le rôle de chacun et aller vers l’inconnu d’un théâtre à construire. Sur scène, les trois acteurs, Nordey, Tismer, Sauvage, prennent la parole et donnent voix à une fable contemporaine, habitée par la vérité d’une rencontre fraternelle et rare entre deux artistes.

texte Falk Richter / traduction Anne Monfort / mise en scène Stanislas Nordey, Falk Richter / avec Stanislas Nordey, Laurent Sauvage, Anne Tismer / collaboration artistique Claire-Ingrid Cottanceau / musique Malte Beckenbach / lumière Philippe Berthomé
production Festival d’Avignon
coproduction Compagnie Nordey / Théâtre National de la Communauté Française de Belgique / Comédie de Reims, CDN / Théâtre des Quartiers d’Ivry, CDN du Val-de-Marne en préfiguration / Festival Perspectives, Sarrebruck
avec le soutien de la Région Île-de-France / et du Cent-quatre, établissement artistique de la Ville de Paris
le Festival d’Avignon reçoit le soutien de l’ADAMI pour la production
l’Arche Éditeur est agent théâtral du texte représenté
crédits photos Christophe Raynaud de Lage, Festival d’Avignon

Se rendre au Théâtre des Quartiers d’Ivry : 69 avenue Danielle Casanova – 94 200 Ivry-sur-Seine. métro 7 Mairie d’Ivry / RER C Ivry / bus 125, 182, 323 ou 132. Réservations au 01 43 90 11 11.

TOUS DES GAGNANTS

le 11 décembre 2010 à 20h30
le 12 décembre 2010 à 16h
au Théâtre Jean Vilar de Vitry-sur-Seine



Le titre rappelle le boniment des baraques foraines fréquentes dans les kermesses de Flandre où, souvent, une surprise arrive au bout de la ficelle qu’on a choisie. À l’extrémité du fil que Dino a tiré, surgit un drôle de cadeau : Pierre, un gosse de riche paumé et sauvé par lui d’une noyade psychique. Dino l’a en effet trouvé nu et complètement défoncé dans le caniveau. Il lui a refilé un de ses vieux caleçons et l’a ramené chez lui. Trois mois plus tard, Pierre débarque avec un bouquet de fleurs en guise de merci. C’est le début d’un corps à corps fascinant et brut entre les deux hommes. Sous la couche coriace de nihilisme propre à chacun des deux protagonistes, bouillonnent un immense chagrin et une énorme révolte. Le vernis viril s’arrache, couche après couche, jusqu’à ce que la peau tombe, que leurs âmes ébranlées se retrouvent à l’envers, révélant deux êtres palpitants et sanglants. Le duo n’y gagnera rien. Il se contentera d’essayer de survivre dans un monde où l’un et l’autre se sentent laminés. Et si une vraie amitié finit par unir les deux jeunes gens, aucune issue positive ne semble cependant les attendre, Dino faisant ce qu’il peut depuis l’enfance, entre les trafiques misérables d’un père « marchand de sommeil » ou d’un frère gérant d’un « club de nanas », et Pierre qui, dans sa famille huppée, n’a jamais appris à se prendre en mains. En les secouant par intervalles de plus en plus rapprochés, le mécanisme, caché sous la petite scène dressée sur le plateau initial, accuse l’instabilité de leurs vies, la précarité de la situation et leur recherche chaotique d’affection. Arne Sierens est un encyclopédiste qui tente de saisir l’humanité dans chacune de ses pièces. Et c’est dans la marge qu’il la trouve, avec des êtres qui ont connu l’ultime et la démesure, qui sont venus, résistants, portés par l’insupportable et qui, dans leur fragilité, dessinent paradoxalement le visage de l’homme emblématique.

texte et mise en scène Arne Sierens en collaboration avec Koen Augustijnen / avec Titus De Voogdt, Robrecht Vanden Thoren / musique (live) Jean-Yves Evrard / décor Guido Vrolix / lumières Timme Afschrift / costumes Lieve Pynoo / réalisation Niels Ieven, Koen Demeyere / photographie Kurt Van der Elst / version française Monique Nagielkopf / diffusion Frans Brood Productions
production Compagnie Cecilia et Hetpaleis
avec le support de Vooruit, Gand
remerciements à Minard, Gand / monsieur Van Hyfte du service Meprosch de la police de Gand
Arne Sierens est artiste associé à La Filature, Scène Nationale de Mulhouse
crédits photos Kurt Van der Elst

Se rendre au Théâtre Jean Vilar : 1 place Jean Vilar – 94 400 Vitry-sur-Seine. RER C Vitry-sur-Seine + bus 180 / métro 7 Porte de Choisy + bus 183 / métro 8 Liberté + bus 180. Réservations au 01 55 53 10 60.

ÉDITO DE GUILLAUME HASSON, DIRECTEUR ARTISTIQUE

Nous sommes passés par bien des villes et des banlieues, pour visiter des salles de répétitions souvent improbables dans lesquelles des comédiens s’évertuaient à tracer l’esquisse de leur travail, humble et fragile comme un esquif trop tôt lancé. D’autres plus solides que nous avons hâlés jusqu’à nos Chantiers pour une première immersion devant des spectateurs pionniers lassés des mers plates. Tant de promesses que nous n’avons pas pu toutes tenir. Nous pensons à Julie Timermann et ses Words are watching you qui méritaient de nous accompagner au bout de notre périple, qui en feront un autre tout aussi beau, très loin sans doute, tant que leur intrépidité juvénile et leur impertinence salutaire ne les lâcheront pas. Une éclosion qui faisait écho à la découverte de Fabrice Murgia, à la plainte violente et sauvage de sa jeunesse blessée, celle que l’on asphyxie avec des serments et des sermons hypocrites, que l’on propulse vers des horizons bouchés, et dont on s’étonne qu’elle se fasse sauter la tête : Le Chagrin des ogres.
Quelques mois plus tard, nous nous glissions dans les travées de gradins en bois dressés sur les fauteuils de la salle initiale, comme pour abolir le confort habituel et nous livrer, corps et âme, au chant de deux guerriers exilés sur leurs propres terres et en bataille pour la recomposition fraternelle de leur tribu perdue : Tous des gagnants. Nous sommes allés au coeur des forêts, parfois les plus sombres, où, à l’écart des sentiers battus, des solitaires traçaient une voie imprévue à des aurores insoupçonnées : Au milieu du désordre, On air, Infiniment là. Nous avons pisté d’audacieux détectives qui, avec une détermination sans faille, enquêtaient sur les dérives, les inconséquences, les dérapages commis par des canailles sans foi ni loi, par des entreprises rompues aux profits immoraux et obscènes, par des dirigeants bradant sur l’autel de la toute-puissance le système qui les a désignés : Notre besoin de consolation, Notre terreur, Les Vivants et les morts, Capital Confiance, Sacco et Vanzetti.
Nous n’avons pas marché sur les routes toutes indiquées où se sont immobilisés, dans un espoir de gloire et de reconnaissance éternelle, les académistes tamponnés, les conformistes complaisants, les parnassiens adeptes des beautés impersonnelles et distanciées, les branchés du mouv’ et de la mode. Ceux-là seront balayés par les tempêtes et écroulés par les séismes du temps.
Nous avons cheminé avec les aventuriers de l’époque, rouvrant dans les maisons abandonnées, les quartiers écartés, les caravanes retirées, des fenêtres sur la vie et le monde : Motobécane, Concert à la carte, Dialogue d’un chienUn jour j’irai à Vancouver. Nous avons traversé avec eux des paysages singuliers et authentiques qu’ils éclairaient de leurs soleils intérieurs, jusqu’à la morsure, la brûlure, la déchirure, n’hésitant pas à arpenter les champs et les contre-champs du débat public et de la confrontation personnelle : Fantaisies, Les Vipères se parfument au jasminSans ailes et sans racines, Saleté, Hobb story, My secret garden. Dans le brouillard, mais n’était-ce pas la fumée des plaines brûlées aux bombes incendiaires ou celle du cigare d’un profiteur de guerre, nous avons été guidés par des combattants désarmés qui persévéraient à occuper le terrain : Product, Une guerre personnelle. Plus avant, il y eut, dans les étendues glacées et menacées par l’oubli, comme portés par une brise chaude et fertile, les chants moqueurs et rêveurs des petits enfants, pour soulager la fatigue, calmer l’inquiétude de notre marche inexorable et trop adulte : Le Petit Chaperon Rouge, L’OEuf et la poulePinocchio.
Enfin, conscients que le voyage ne pourrait avoir de terme, qu’il se poursuivrait infiniment avec ou sans nous, et que, malgré le fatras, les ruines, les dévastations, résideront ici toujours l’avancée résistante et sa victoire, nous avons voulu créer un point de rencontres à tous ces voyageurs, prospecteurs, découvreurs, où ils pourraient, au coeur d’un grand village et devant ses habitants, livrer la somme de leur quête éperdue, de leurs images et souvenirs glanés, partager le butin de leurs colères et de leurs espoirs avec ceux à qui ils appartiennent aussi, faire cadeau de leur présence peau de chagrin, avant que le vent turbulent de l’éphémère n’emporte leurs paroles vivantes, et de repartir encore pour d’autres fêtes fédératrices et humaines.
C’est cela notre festival.

direction artistique Guillaume Hasson / attachée à la direction Céline Aguillon / conseillère au développement artistique Maria Cristina Mastrangeli / attachée de presse ZEF – Isabelle Muraour / conception graphique Raphaële Enjary et Olivier Philipponneau

Les Théâtrales Charles Dullin : 2/4 rue Pasteur – 94 310 Orly / www.lestheatrales.com

renseignements 01 48 84 40 53 ou festival@lestheatrales.com